MMP 1 - La Motilité Musculaire PermanenteUne question restait à ce jour sans réponse :
Par quel mécanisme le sang veineux remonte-t-il vers le cœur lorsque l’activité musculaire est théoriquement nulle ? Ou alors, en cas de paraplégie, de coma ou lors de notre sommeil, l’activité musculaire est en principe quasi inexistante et la force d’aspiration de l’oreillette droite du cœur est négligeable. Et pourtant ce n’est pas la réalité... Comment chez un paraplégique flasque (nerfs sectionnés) maintenu debout, le sang passant par les capillaires du pied peut-il remonter jusqu'à l'aine?
En sachant qu'à la sortie du capillaire la pression veineuse résiduelle est très faible, environ 1,5 cm Hg et que la hauteur du membre inférieur avoisine 100 cm. Ils chassent le sang de façon soit intrinsèque soit extrinsèque : De façon intrinsèque Le muscle en se contractant va chasser le sang qu’il contient dans ses veinules, ce dont nous pouvons nous rendre compte lorsque le praticien comprime le mollet lors d’un examen doppler. De façon extrinsèque Lorsque de par son activité, le muscle comprime une masse liquidienne à proximité, notamment le diaphragme thoracique qui en comprimant l’abdomen va faciliter le drainage des organes sous-jacents : foie, intestins, etc. D’autres explications ont été données avec plus ou moins de réussite, nous les avons commentées dans l'article "Circulation de retour, Circulation des fluides, Sang veineux, L.C.R., lymphe", que vous pouvez consulter sur ce site. La MMP est l’activité musculaire lorsque le muscle est en principe au repos C'est ce que tout ostéopathe peut sentir sous sa main quand elle est posée sur un muscle : Celui-ci se gonfle et se dégonfle périodiquement. En effet, le volume du muscle augmente dans les trois plans de l’espace, et lors de faibles contractions, il voit son volume diminuer inversement. Nous avons établi un protocole de palpation simple qui pourra guider ceux désireux de percevoir ces rythmes. Cette augmentation de volume lors d’une phase passive est l’effet d’un élément pénétrant à l'interieur du muscle. Les rythmes assez rapides (6 à 12 pulsations/minute en moyenne) ne nous autorisent pas à penser qu’il s’agisse de liquide extracellulaire ; seul le sang présent dans cet environnement peut jouer ce rôle. L’ensemble des éléments permettant une telle hypothèse sont tous présents dans le muscle squelettique : -Les réservoirs : Représentés par les veinules présentes au sein du muscle. -Le moteur : Représenté par les fibres oxydatives lentes. -Le système de contrôle à l'arrivé du sang : Le volume de sang arrivant dans le muscle est contrôlé par la vasodilatation / vasoconstriction des artérioles ainsi que par la présence de glomi permettant de shunter les capillaires. Ceci dénote la nécessité d’un apport en sang supérieur aux besoins locaux, la vasoconstriction des artères et artérioles permettant un apport régulé du volume sanguin. -Les récepteurs contrôlant les pressions internes du muscle : Les fuseaux neuromusculaires. -Les réccepteurs adaptatifs aux contraintes dynamiques externes : Les organes de Golgi.
Il existe trois grandes catégories de fibres musculaires dans le muscle strié Les fibres oxydatives lentes semblent être les plus à même d’assumer la fonction motrice de la circulation de retour en dehors de tout autre type de contraction musculaire Évidemment ces contractions ne sont pas provoquées par la totalité des fibres musculaires. Pour le type de fibres concernées, les fibres oxydatives lentes semblent être le plus à même d’assurer cette fonction. Et ce pour leur faible vitesse de fatigabilité et la lenteur de leur contraction. Ce qui renforcerait cette hypothèse est la faible taille des motoneurones des fibres oxydatives lentes qui réagissent, au niveau de l’activité synaptique, à des seuils moins importants aux variations d’échanges Na+ par rapport aux fibres oxydatives rapides ou glycolytiques. Mais il est également probable que ces fibres n’agissent que de façon séquentielle les unes par rapport aux autres au sein du même muscle. Nous avons donc ici le modèle d’un système de retour vasculaire qui peut fonctionner de façon autonome. Nous verrons toutefois dans la section "Caractéristiques neurologiques de la MMP" qu'un contrôle des centres supérieurs existe et que la MMP peut-être partiellement contrôlée par la volonté. La MMP présente quatre caractéristiques fondamentales :
1. A l’homéostasie locale La contraction des fibres oxydatives lentes ne se fera que lorsque le muscle aura laissé ses veinules ce remplir d’une certaine quantité de sang. Le fait de lever ou de baisser le bras modifiera le rythme de la MMP qui reprendra un court régulier après un certain temps (quelques secondes), et ce pour équilibrer les pressions dans le muscle. 2. Aux tensions musculaires avoisinantes La MMP agit également lorsque le muscle est en phase de contraction statique. Lorsque nous sommes debout immobiles, la MMP intervient pour faire remonter le sang. Les fibres oxydatives rapides se contracteront en isométrique (sans provoquer de déplacement) pour assurer le maintien en station debout. Mais ces contractions isométriques ne peuvent assurer une fonction vasculaire. Ce sera le travail des fibres oxydatives lentes qui se fera en tenant compte de la pression interne exercée sur le muscle par la contraction des précédentes. 3. Aux pressions périphériques Si vous serrez un ballon rempli d’eau, vous en modifierez les pressions internes, il en est de même pour le muscle. Le muscle ne se videra de son sang que lorsque le volume de celui-ci aura atteint un certain niveau. 4. Aux besoins locaux Il y aura augmentation locale des rythmes de la MMP en fonction des besoins locaux. Après une course, les muscles des jambes pulseront plus vite que ceux des bras.
Il existe une série de contractions donc une certaine rythmicité. Le rythme de la MMP va de 4 à 15 pulsations par minute, avec des valeurs « normales » situées autour de 8 à 12 pulsations par minute. Les rythmicités "hors normes" pouvant être provoquées par des lésions fonctionnelles, diverses pathologies, des troubles d’ordre génétique, par certains actes thérapeutiques ou par une activité physique intense.
Deux groupes musculaires caractérisent la MMP :
Lorsque nous sommes en apnée, la MMP ralentit progressivement. Il n’y a pas de parallélisme parfait entre le rythme pulmonaire et la rythmicité de la MMP, il n’y a qu’une pseudo tentative de synchronisme. |